La brique creuse de 20 cm est l’un des matériaux porteurs les plus utilisés en construction neuve. Mais quand il s’agit de performance thermique, les chiffres varient d’une source à l’autre : la confusion est fréquente. Voici les éléments concrets pour y voir clair.
La résistance thermique de la brique creuse 20 cm : quelle valeur retenir ?
La résistance thermique (R) d’une brique creuse de 20 cm dépend directement de son type et de sa conception. Deux grandes familles coexistent sur le marché :
- Brique creuse standard (lambda ≈ 0,5 W/m·K) : R ≈ 0,40 m².K/W. C’est la valeur la plus basse, souvent citée pour les briques creuses basiques.
- Brique creuse alvéolaire (lambda entre 0,12 et 0,18 W/m·K) : R entre 1,15 et 1,25 m².K/W pour 20 cm d’épaisseur. Ce sont les modèles optimisés, avec des alvéoles plus nombreuses.
La valeur de R = 1,15 m².K/W souvent mentionnée dans les comparatifs correspond aux briques alvéolaires courantes. Elle est environ trois fois supérieure à celle d’un parpaing creux de même épaisseur. Mais même à 1,25, ce niveau de performance reste insuffisant pour se conformer seul à la RE2020.
Lambda et résistance thermique : comment lire les deux indicateurs ?
Pour évaluer un matériau de construction, deux grandeurs s’utilisent ensemble :
- Lambda (λ) : conductivité thermique en W/m·K. Mesure la facilité avec laquelle la chaleur traverse le matériau. Plus lambda est faible, plus le matériau est isolant.
- R : résistance thermique en m².K/W. Se calcule en divisant l’épaisseur (en mètres) par lambda. Plus R est élevé, mieux le mur isole.
Pour une brique de 20 cm (0,20 m) et un lambda de 0,14 W/m·K : R = 0,20 / 0,14 = 1,43 m².K/W.
Ces deux indicateurs sont complémentaires : lambda caractérise le matériau lui-même, R caractérise le mur tel qu’il sera construit avec une épaisseur donnée.
Quand parle-t-on de brique creuse alvéolaire ?
La brique creuse alvéolaire (parfois appelée brique alvéolée ou brique perforée) se distingue par une géométrie intérieure optimisée. Ses alvéoles créent des poches d’air qui ralentissent les transferts de chaleur. C’est ce principe qui permet d’abaisser le lambda sous les 0,15 W/m·K sur certains modèles. Ces briques bénéficient d’un déphasage thermique de 8 à 10 heures, ce qui améliore le confort en été en retardant la transmission de la chaleur vers l’intérieur.
Brique creuse 20 cm vs parpaing : le comparatif thermique

Pour un mur de 20 cm sans isolation ajoutée :
| Matériau | Lambda (W/m·K) | R (m².K/W) |
|---|---|---|
| Parpaing creux | ~0,87 | ~0,23 |
| Brique creuse standard | ~0,50 | ~0,40 |
| Brique creuse alvéolaire | 0,12 à 0,18 | 1,15 à 1,67 |
La brique creuse standard isole environ deux fois mieux qu’un parpaing de même épaisseur. La version alvéolaire dépasse cinq fois les performances du parpaing. Mais dans les deux cas, les valeurs restent bien en dessous de ce qu’exige la RE2020 (un Rmur global autour de 6 m².K/W pour les murs).
Quelle isolation complémentaire prévoir avec une brique creuse 20 cm ?
Comparatif R thermique — mur de 20 cm sans isolation ajoutée
Source : valeurs issues du comparatif de l’article. R = épaisseur / lambda.
Une brique creuse de 20 cm, même performante, ne peut pas constituer à elle seule l’enveloppe thermique d’une maison neuve. Une isolation rapportée est indispensable, qu’elle soit placée par l’intérieur ou par l’extérieur.
Avec 20 cm de laine de verre (R ≈ 5 m².K/W) ajoutés à une brique alvéolaire (R ≈ 1,15), la résistance thermique totale de la paroi atteint 6,15 m².K/W — un niveau compatible avec les exigences actuelles.
Quelques repères pratiques pour le choix de l’isolation :
- Isolation par l’extérieur (ITE) : préserve l’inertie de la brique creuse et limite les ponts thermiques. Recommandée pour tirer pleinement parti de la masse du matériau. Pour les projets où l’épaisseur de l’isolant est contrainte, certains matériaux à très haute performance comme l’isolation en aérogel permettent d’atteindre un R élevé avec une épaisseur réduite.
- Isolation par l’intérieur (ITI) : moins coûteuse à poser, mais réduit légèrement la surface habitable et laisse la brique exposée au froid côté extérieur.
- Épaisseur cible : pour atteindre un R global ≥ 6, prévoir au minimum 14 à 16 cm d’isolant standard (laine de verre, laine de roche) selon les performances de la brique.
La brique creuse de 20 cm reste un bon point de départ pour un mur extérieur : son inertie thermique limite les variations de température intérieure et elle régule naturellement l’hygrométrie. C’est son association avec un isolant bien dimensionné qui lui permet d’atteindre un niveau de performance conforme aux standards actuels.
